Chroniques CD


RIA BARTOK

French EP collection

Morte dans un incendie en 1970, à l’âge de 27 ans, Ria Bartok connut une courte carrière discographique entre 1963 et 1965, entièrement rééditée sur ce double CD. Originaire d'Allemagne, elle arrive en France, étudie à l'Alliance Française, devient assistante médicale avant d'être prise dans le tourbillon yéyé... En 1963, Ria sort un premier disque chez Ricordi, un second chez RCA puis elle est signée par Columbia, où elle enregistre sept EP...

Léger accent anglo-saxon, Ria bénéficie d'orchestrations souvent agréables et nerveuses. Mais pas de chance : les tubes qu'elle reprend le sont aussi par les « idoles » du moment plébiscitées par SLC (Rita Pavone : Cœur, Johnny Hallyday : Parce que j'ai revu François, Richard Anthony : Ce monde...).

On trouve aussi quelques créations signées Bernard Lauze (Frankie), Christine Fontane (J'y pense tout bas) ou Pierre Delanoë (Diggedle Boeing). En bonus aux neuf EP de Ria Bartok, cette première réédition propose un 45 tours anglais (See if I care, version anglaise d'un titre de Franck Pourcel et de Raymond Lefebvre), un inédit en allemand (Es warten viel'). Et, dans un autre registre, Voulez-vous me prendre pour dix kilomètres, chanson extraite du film Cruelle méprise, une petite perle jazzy signée Antoine Duhamel, qui figure sur la bande originale d’un film oublié de Jean-Michel Rankovitch (1963). « On retiendra, écrit Duvalex, l'auteur du texte de présentation, la fraîcheur d'une voix qui swingue avec beaucoup de naturel. »

• Double CD Magic / EMI.

• Dans son n° 29, la revue Club des années 60 propose un long article sur Ria Bartok. Club des années 60 : Route de la Gare, 42310 La Pacaudière. Tél.: 04-77-71-90-13 (Marc Liozon).

THE TORNADOS

French EP collection

Contemporains des Shadows, les Tornados resteront dans l'histoire de la variété comme les auteurs d'un tube instrumental écrit en hommage au satellite Telstar, lancé en juillet 1962 par les États-Unis... Hymne exaltant à la conquête de l'espace — le nouvel Ouest des Américains —, Telstar (composition de Joe Meek) sonne et résonne comme un générique de western. Publiés par Decca, entre 1962 et 1964, les 7 EP des Tornados sont ici réédités pour la première fois, soit vingt-huit titres.

En plus de Telstar, on retrouve d'autres compositions instrumentales du groupe qui tentent d'exploiter le même filon (Globbetrotter, Robot, Life on Venus), des standards comme The breeze and I, de Lecuona, ou le très joli Theme from a summer place de Max Steiner, ou encore des reprises chantées de blues (My babe) et de rock and roll (Ready Teddy, Long tall Sally, Rip it up) plutôt anecdotiques... À la même époque, le mythe de l'espace inspirera le nom et la tenue de scène du groupe suédois les Spotnicks.

• CD Magic / EMI.

FRANCK POURCEL

Meets the Beatles

La vogue de l'easy listening remet à l'honneur la musique instrumentale des grands orchestres, tels celui de Franck Pourcel, longtemps méprisés par le public jeune... En 1970, au moment où les Beatles se séparent, Pourcel rend hommage à leur répertoire à travers un 30 cm « culte » à la pochette caractéristique... Douze titres, de Yesterday à Let it be, en passant par Michelle, Girl, Eleanor Rigby, Hey Jude... En bonus : le dernier succès des Beatles (The long and winding road) et le premier de George Harrison (My sweet lord). Certaines chansons moins connues, comme Here, there and everywhere, sont transfigurées en véritables mélodies classiques. Un album très agréable.

• CD Magic / EMI.

CLAUDE CIARI

La danse de Zorba

Après « La playa » (JC n° 25) voici le deuxième album de Claude Ciari, paru en 1965, suivi d'un EP. Si, à l'exception notoire de La danse de Zorba (le sirtaki de Mikis Theodorakis), les thèmes repris par le guitariste ne sont pas des hits mondiaux, la « recette » est la même. Ciari mêle ses propres compositions (Sweet Dixie) aux succès du moment de Petula Clark, Sandie Shaw ou Richard Anthony. À noter, Sirinata ajaccina (de Burt Bacharach), qui court sur les traces de La playa, et Horizon tropical, un morceau très chouette de Valto Laïtinen. Surprise, sur Les jours sont trop longs, on entend la voix de Claude Ciari.

• CD Magic / EMI.

DAVID CHRISTIE

Deux petites perles bleues

Au printemps 1968, une chanson à l'arrangement 1925, Julie, attire l'attention sur David Christie. Sur le même disque, un jerk, Après la pluie, et deux slows très mélodiques (Deux petites perles bleues et Pour une étoile qui naît). Les paroles sont de Johny Rech, les musiques sont signées James Bolden, pseudonyme de David Christie qui, sous son vrai nom, Jacques Pépino, enregistra quelques 45 tours dès 1966.

Jamais réédités, les disques de David Christie figurent sur ce CD Magic, soit cinq EP et deux 45 tours Disc'AZ enregistrés entre 1967 et 1970. Mélodiste, David Christie collabora aussi avec Boris Bergman (Au pays qui est plus loin que loin, N'éteins pas le feu, Elisa), Jacques Plante (Trois jours de liberté), E. Saint-Jevin (Où que tu sois) mais il ne retrouva jamais la fraîcheur du 45 tours Julie... Demeuré dans le métier, David Christie connut quelques succès à l'époque disco (Saddle up). En mai 1997, il a choisi de nous quitter. Johny Rech, son complice des débuts, lui rend hommage en préface à ce CD.

• CD Magic / EMI.

ANNIE PHILIPPE

L’intégrale sixties

Comme Ria Bartok, David Christie (voir dans ce numéro), Gilles Marchal (JC 25) ou le Quartet de Lyon (JC 23), Annie Philippe fait partie de ces artistes jamais réédités, même partiellement ! Grâce au label Magic, c’est désormais chose faite pour nombre d’entre eux. Pour Annie Philippe, chanteuse quelque peu mythique des années 60, c’est, à peu de choses près — 16 titres des années 70 et 80 —, la « totale » : 50 titres enregistrés entre 1965 et 1969 chez Riviera, Philips et Flèche. Souvent programmée par Pascal Sevran dans La Chance aux chansons, Annie Philippe n’est pas tout à fait oubliée. Des projets même, elle en a (1)...

Née en 1946, Anne Philippe abandonne assez vite ses études et trouve un emploi de disc-jockey en 1963. C’est au Twenty One, une discothèque à la mode, qu’elle rencontre Paul Mauriat, chef d’orchestre très prisé alors. Elle lui demande une audition, suit des cours de chant puis enregistre son premier super 45 tours chez Riviera, avec, notamment, Une rose, adaptation française signée Izi Spighel du Love me tender d’Elvis Presley. Trois autres EP voient le jour chez Riviera dont on retiendra une belle reprise d’une chanson de Guy Béart (Tout finit à Saint-Tropez), J’ai tant de peine (signée Guy Marchand) et le charmant Ticket de quai (de Christian Sarrel et André Pascal) avec son harmonica mélancolique...

Chez Philips, Annie enregistre une trentaine de titres. On se souvient du célèbre Pas de taxi (version 45 tours et version jazzy), Pour qui, pour quoi. On (re)découvre des chansons comme Ça fait pleurer et Le mannequin, d’André Pascal et Paul Mauriat, Cause donc toujours, Lettre pour Annie, La blonde du Pékin (du film), Les enfants de Finlande et Le flingue (Frédéric Botton), un titre étrange de Bashung et Gilles Thibault (Quarante maringouins), Une petite croix, Boeing, jet et caravelle (Balasko et Faure).

• Double CD Magic / EMI.

(1) Voir Club des années 60 n°16 (novembre 1993).

R. B.

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