Anne Sylvestre, interview de 1999


NOTES. L’atmosphère, disons, bucolique, qu’il y a dans vos premiers disques, est-ce que vous l'aviez déjà en vous ou est-ce que ça a été l’apport de l’arrangeur ?

ANNE SYLVESTRE. Au début, j’avais plusieurs arrangeurs, ensuite j’ai trouvé François Rauber, et parfois Alain Goraguer qui donnait une tonalité différente. Je pense que cette « atmosphère bucolique » était déjà un peu contenue dans mes chansons, mais ça venait sans doute du fait qu’avant, et pendant des années, j’ai beaucoup fréquenté la chanson traditionnelle. Ce qui fait que les « bergerettes » venaient très facilement sous ma plume. En fait, le côté bucolique de mes chansons ne provenait pas de l’histoire, mais de l’emballage. C’était une forme. Ces accompagnements très fleuris (bois, cordes, etc.) répondaient à une époque. Plus tard, on a appelé ça folk-song mais je n’ai même pas profité de cette vague folk !

À l’époque du yéyé, vous vous êtes sentie, comme beaucoup d’autres, complètement balayée...

Oui, mais j’ai eu la chance de ne pas l'être complètement, parce que, la saison précédant l’irruption de ce qu’on a appelé le yéyé, j’étais passée en début de programme trois semaines à Bobino et six à l’Olympia. Avec une reconnaissance, une presse et du succès au point que Bruno Coquatrix m’avait dit : « Quand vous reviendrez, vous pourrez discuter votre cachet... » Mais quand je suis revenue voir Coquatrix, la saison d’après, il ne m’a pas reçue... Du jour au lendemain, moi et mes « semblables », on ne nous connaissait plus... Ceux de ma catégorie, qui passaient auparavant un petit peu à la radio, à la télé, tout d’un coup, plus rien, la rupture a été très nette. Alors que, en général, quand arrive une nouvelle mode, celle qui la précède continue à survivre. Là, ça a été radical, on n’a plus écouté et passé que ça : le yéyé. Voilà donc toute une génération de chanteurs qui a été obligée de rentrer brutalement dans une sorte de clandestinité, de maquis. Même les cabarets, c’était devenu dur. En gros, on n’existait plus... Beaucoup ont continué à vivre mais quelques uns ont été balayés méchamment, comme Joël Holmès ou Roger Riffard, qui, lui, a fait du théâtre. Certains ont été obligés de changer leur fusil d’épaule. Mais on a travaillé quand même, il y avait heureusement les MJC, les tournées...

Cette période de maquis a duré jusqu’à quand ?

Ben, je me demande si elle ne dure pas encore un peu... ! (rires) En fait, je crois que c’est une habitude qui s’est prise, de la part des médias, d’ignorer les chanteurs de ma catégorie. L’habitude de privilégier la chanson de jeunes est restée. C’était tellement plus facile... Il y a même un moment où j’ai cru que je devais ou que j’allais arrêter. C’était en 1973, faute de combattants... Après la période Meys et avant mon « retour ». Je n’avais plus de maisons de disques, plus d’agent, je travaillais très peu, tout comme mon mari, qui m’accompagnait. C’était quand même la dèche... Mais j’ai écrit des chansons pendant cette période-là, et puis il y a eu cette superbe histoire du théâtre des Capucines, en 1973, où un Sicilien fou, Salvatore Picciotto, m’a convaincue de remonter sur scène. Il a loué le théâtre des Capucines pour y programmer de la chanson et m’a convaincue de présenter un récital. Je n’avais rien à perdre et ne pouvais d’ailleurs pas me permettre de perdre un sou. Mais il m’a rassurée : « Ça ne vous coûtera pas un centime, et si on gagne de l’argent, on partagera. » On n’a même pas signé de contrat, et il s’est décarcassé comme un diable. Le lendemain de la première, il m’a avoué qu’il ne m’avait jamais entendue chanter, il avait juste lu mes textes... Ce qui est quand même un belle preuve de courage, alors que tout le monde lui prédisait une catastrophe financière... Je m’étais dit : on va voir si le public vient, si la presse se déplace. On a rempli pendant un mois, la presse est venue, et on a même gagné des sous !

C’est cette tentative « de la dernière chance » qui vous a redonné l’envie de refaire des disques ?

Pas seulement l’envie, mais la possibilité. À partir de là, chose étrange et très peu courante, France Inter m’a demandé l’autorisation de diffuser une chanson de moi qui n’était pas encore enregistrée, Lettre ouverte à Élise. La Radio Suisse Romande m’avait, elle, demandé Un mur pour pleurer. Et là-dessus, j’ai eu des propositions d’Eddie Barclay. Il voulait me faire un contrat d’artiste mais, comme j’avais déjà été pas mal échaudée par deux procès successifs, j’ai rencontré un avocat qui m’a conseillé d’être ma propre productrice. Je savais que je vendrai bien mes Fabulettes – c’était un peu mon « fonds de commerce », ma sécurité –, mais les autres disques, je n’en étais pas sûre... J’ai donc été voir Eddie Barclay en lui proposant de signer un contrat de distribution. Je fabriquais donc les disques et Barclay se chargeait de les distribuer.

Le label Sylvestre est né à ce moment-là ?

Le petit sapin, c’est moi qui l’ai dessiné ! C’était quelque chose de très artisanal, tout tenait dans un sac en bandoulière.

Mais au niveau de l’enregistrement, c’était très « pro ».

Oui, bien sûr. Grâce au système des traites à 90 jours, je pouvais enregistrer et fabriquer les disques et donc livrer un « produit » fini. Je faisais faire mes pochettes en Italie, j’allais voir l’imprimeur, le presseur, etc.

C’était nouveau pour vous ?

Complètement. Je me suis beaucoup amusée ! Et là, j’étais complètement libre de faire les disques que je voulais, quand je voulais et comme je le voulais. Pour les Fabulettes, je choisissais le dessinateur, on faisait des pochettes magnifiques qui, soit dit en passant, nous coûtaient très cher !

Vous avez continué à sortir des disques tous les deux-trois ans, avec de nouvelles grandes chansons comme Non, tu n’as pas de nom, Une sorcière comme les autres... Des chansons-manifestes, en quelque sorte.

Je pense que chez les femmes, chez les jeunes filles, il y avait un manque d’une image d’identification dans la chanson. Et là il y avait vraiment urgence et envie de la combler. J’avais plein de choses à dire là-dessus. En plus, il y avait une espèce de colère à voir que l’on parlait de nous sans savoir ce que c’était. J’avais l’impression que je connaissais le sujet de l’intérieur, quand même !

D’où une nouvelle étiquette : Anne Sylvestre féministe.

Oui, et celle-là, c’est la seule qui ne m’a jamais dérangée, parce que c’est vrai. Je n’aime pas beaucoup ces mots en « isme », mais il n’y en a pas d’autres ! Ces chansons, je les ai écrites à une époque où on s’est rendu compte qu’il y avait comme un faisceau d’écritures qui se retrouvaient. Je pense à des écrivains comme Marie Cardinal, Benoîte Groult, Annie Leclerc... Le mouvement des femmes se retrouvait dans les choses que l’on écrivait. Tout ça se rejoignait, on disait les mêmes choses. C’était une sorte d’imprégnation. Avec Une sorcière comme les autres, j’ai rendu compte d’une série de choses, d’idées, de pensées, de sentiments que les femmes mettaient au jour. À mes débuts, il y avait eu La femme du vent et Porteuse d’eau, mais c’était trop tôt pour dire « Faut parler plus fort »...

Des chansons de ce type – manifeste, éditorial – sont plutôt rares, même chez les femmes auteurs comme Barbara.

Barbara était moins embarquée dans ce courant, mais elle témoignait par son existence.

Comment ces chansons ont-elles été accueillies ? Avez-vous acquis un nouveau public à ce moment-là ?

Je ne vais pas le nier, mais, à cette époque, dans les salles, il y avait une grosse majorité de femmes. Après, ça s’est équilibré. Peut-être parce que le côté féministe de l’époque faisait peur aux hommes, je suppose... Ça me fait penser à ce mot de Benoîte Groult : « Dans les soirées, je rencontre des messieurs qui me disent : je suis ravi de vous rencontrer, ma femme aime tellement vos livres... J’ai envie de leur dire : mais pourquoi pas vous ! » Quand un homme me dit : « Ma femme vous écoute beaucoup... », j’ai envie de lui répondre : « Mais écoutez-moi aussi ! » On s’est longtemps imaginé que ce que les femmes écrivaient était destiné aux femmes.

Faisons un bond dans le temps. Douze après, à la suite du spectacle avec Pauline Julien (Gémeaux croisées), vous vous êtes lancée dans des spectacles qui n’étaient plus des tours de chants traditionnels : Calamity Jane, Lala et le cirque du vent, La Fontaine, Hôtel des Ephémères...

Oui, je pense que, à ce moment-là, il y a un barrage qui a craqué... À partir de Gémeaux croisées, j’ai découvert qu’on pouvait laisser la guitare dans un coin et chanter avec un micro HF, qu’on pouvait bouger et faire un peu autre chose... Disons que j’ai un peu découvert le théâtre et ce qu’il y avait autour de la chanson. En fait, je bougeais de l’intérieur et là, je me suis mise à bouger vraiment et j’ai eu envie d’aller un peu au-delà.

Quand vous vous êtes mise à chanter accompagnée par un pianiste, Philippe Davenet, ça a été ressenti comme un petit événement : Anne Sylvestre laisse tomber définitivement la guitare...

Ah ! J’en avais envie depuis longtemps ! Déjà, en 1985, à l’Eldorado, et l’année suivante à l’Olympia. J’en avais un peu marre de passer avec la même formule. Je ne me trouvais pas bonne guitariste – et j’avais raison –, il y avait des tas de gens qui jouaient très bien de la guitare, et je pense que j’avais envie de ne plus être vissée à ce « meuble », comme dit François Rauber. Ça a été une véritable libération. On me demande parfois si la guitare ne me manque pas : non ! Il me semble que je chante beaucoup plus et que je chante mieux depuis que je n’ai pas à me soucier de mes doigts. Et puis, je peux écrire les musiques que je veux. Avant, les musiques que j’écrivais, il fallait que je puisse aussi les jouer. À l’Eldorado et à l’Olympia, c’est la chanson Flou qui a été déterminante, parce que je tenais absolument à ne pas la jouer.

Depuis votre récent Olympia (mars 1998), on note aussi un nouvel aspect de ton tempérament : une Anne Sylvestre qui joue du registre comique et qui semble y prendre plaisir...

Les chansons comiques, il y en a toujours eu dans mon répertoire, mais, c’est vrai, peut-être que j’y vais fort, cette fois, je mets le paquet... Mais j’ai toujours eu des chansons qui faisaient rire : Les blondes, La faute à Eve, Petit bonhomme, La lettre à Elise, Les regrets d’une punaise... C'est vrai que la forme comique était moins appuyée, alors que là, c’est systématique et efficace ! Et j’aime ça. Même si, en me réécoutant, j’ai parfois l’impression que j’en fais beaucoup !

Au printemps dernier, vous avez fêté vos 40 ans de chanson. Dans quel état d’esprit ?

Il y a eu l’Olympia puis l’hommage organisé par le Centre de la Chanson au mois de juin, trois journées mémorables où j’ai fait le plein d’émotion... J’avais plus le trac que si c’était moi qui chantais. Annoncer quarante de chansons, ça peut être imprudent, puisque ça vous date tout de suite, mais moi, je n’ai jamais eu l’obsession de cacher mon âge. Je trouve ça assez chouette. Je savais que personne ne viendrait me dire : « Ça fait quarante ans que vous chantez, est-ce qu’on peut fêter ça ? » Alors, j’ai agité une banderolle en disant : « Ça fait quarante ans que je chante, on va fêter ça ! » Je suis allée voir Jean-Michel Boris, de l’Olympia. On a fait de l’affichage. Puis François Dacla, chez EPM, m’a dit : « D’accord pour l’intégrale. » On a donc mis tout en route et je trouve ça chouette parce que, quand même, bien que je n’aie pas inondé les ondes et les écrans, je suppose que ça a été assez visible pour que, depuis quelques mois déjà, je n’ai plus rencontré de gens qui me demandent si je chante encore... Je ne sais pas si on m’entend ou me voit davantage, mais les gens savent que je chante encore. Et je découvre plein de gens, partout, qui connaissent mes chansons.

Et il y aussi le phénomène des adultes « nourris » aux Fabulettes. Ils viennent me voir, ils montrent qu’ils sont là. Ils ont écouté les Fabulettes puis ont décroché vers l’âge de neuf-dix ans pour écouter autre chose. Comme je n’écris pas pour les adolescents, ils reviennent vers l’âge de quatorze-quinze ans au répertoire « adulte ». Pas tous, évidemment, mais beaucoup, quand même.

Comment vous est venue l’envie d’écrire pour les enfants ?

J’ai écrit les premières Fabulettes pour Alice quand elle était bébé. J’ai toujours été en compagnie d’enfants, ce sont des petits humains que j’ai l’impression de bien connaître, je sais leur parler, j’ai de la mémoire... Les Fabulettes, je les ai faites comme ça et au bout de quelques années, je me suis aperçu qu’on en voulait d’autres. Alors, j’ai continué. En plus de ça, comme je le disais tout à l’heure, c’est un peu mon « fonds de commerce ». C’est ce qui se vend, bon an mal an, de façon régulière, alors que mes autres disques font des montagnes russes... Le dernier, « Les Arbres verts », demarre bien.

Comment naissent les chansons chez vous ? Dans la tête, sur des carnets ?

Oui, au départ ce sont des petits bouts, des petites phrases. J’ai toujours un carnet en poche sur lequel je note, comme ça, deux mots, trois mots, trois vers, une idée... Et un jour, il faut réunir tout ça et se mettre au travail. C’est une période dure durant laquelle j’arrête tout et je ne fais plus que ça. Je compose beaucoup « dans la tête », puis je retrouve les mélodies à la guitare pour les montrer à François Rauber. Avant, j’en avais plein de textes d’avance. Plus maintenant.

On note chez vous une grande fidélité à un orchestrateur et à un certain type d’orchestration. Pourquoi avoir été réfractaire aux musiques rock et assimilées dont vous avez été contemporaine ?

Ce ne sont pas mes musiques et je n’ai pas à me déguiser, je n’en ai pas envie. Il y a des choses que j’aime beaucoup, mais ça n’est pas moi. Moi, je n’écris pas dans ces musiques-là. Si j’essaie de suivre la mode, je serai démodée. J’ai ma musique à moi, je la fais, et il y a des gens qui l’écoutent et qui l’aiment. Si tout d’un coup, tout le monde me disait : « Tes musiques sont ringardes, on n’en veut plus ! », je ferai autre chose... En plus, avec François Rauber, on travaille ensemble, on évolue ensemble, et quand je suis bien avec quelqu’un, je continue. François Rauber s’inspire plus des textes que des mélodies pour écrire ses arrangements. Il dit : « Moi, la musique, je m’en fiche, il n’y a que les paroles qui m’intéressent ! » C’est étonnant venant d’un arrangeur, mais c’est vrai. Il écoute les paroles, les suit. C’est merveilleux de travailler avec lui.

Dans votre répertoire, il y a très peu de chansons où vous vous livrez comme dans Judith et Roméo ou, récemment, Le pont du Nord...

Oui, j’ai du mal... Et je ne suis pas sûre que ce soit souhaitable de se raconter. Là, j’ai eu envie de le faire parce que je pense que ça peut aussi apporter des mots et des images à d’autres.

De même sont quasiment absentes de votre répertoire les chansons d’actualité, avec les événements de l’année, les mots de l’année...

Il y en a eu, mais toujours distanciées. Par exemple, cette chanson sur le naufrage de l’Amoco-Cadiz (Un bateau mais demain), une autre sur les dangers du nucléaire, qui s’appelle Coïncidences et qui a été bien ignorée... Il y a eu aussi Des fleurs pour Gabrielle, sur l’affaire Gabrielle Russier... Mais je n’aime pas être précise, je distancie quand même beaucoup. Pour moi, la chanson, c’est la distanciation, je n’aime pas le premier degré. « Je me suis levée, j’ai bu un café et j’ai pensé à toi... », ce n’est pas de la chanson. On peut le dire, bien sûr, mais on peut aussi le dire différemment...

Dans les années 70, quand vous avez commencé à vous produire vous-même, est-ce que vous avez rencontré des résistances et est-ce que vous avez senti qu’il fallait en faire plus pour vous imposer...

Bien sûr que ça n’a pas été facile... Ce n’est pas parce que je me produisais que j’ai été plus reçue sur les radios et les télés. J’ai toujours fait le travail qu’il fallait, j’ai toujours envoyé des centaines de disques qui ne passaient jamais, j’ai toujours engagé des attachées de presse qui ont fait leur travail, etc. Puis il y a eu des spectacles et les gens sont venus. Je ne sais pas, il y a toujours eu ce mur auquel j’ai décidé de plus penser, parce que ce n’est pas la peine de se faire du mal. Apparemment, les médias français ne t’ont pas vraiment acceptée... En revanche, la presse écrite a toujours été, heureusement, très présente.

C’est vrai que vous ne passez quasiment pas à la radio...

Non, je passe occasionnellement dans certaines émissions, je suis reçue, mais je ne fais jamais partie de la programmation. Jamais. Il y a une dizaine d’années, j’ai trouvé dans un bac de disques d’occasion mon premier 45 tours, avec l’étiquette de la Radiodiffusion française et la mention manuscrite « À éviter »... C’était sûrement quelque chose de personnel parce qu’il n’y avait rien dans ces chansons-là (Porteuse d’eau, Mayvonne, ...) qui pouvait heurter le bon goût ou l’idéologie en vigueur... Alors, je ne sais pas. Cela dit, ça fait un drôle d’effet de tomber sur ça ! Si j’ai été interdite « de radiodiffusion », et je l’ai sans doute été, ça ne l’a jamais été officiellement... malheureusement. Mon mari est parti n’a pas été interdit mais la chanson n’est pas beaucoup passée. Il y a une façon d’interdire les gens qui est de ne pas les passer, c’est tout, comme ça le public ne sait pas que ça existe. C’est ce qui s’est aussi passé avec toutes les chansons de l’époque dite « féministe ».

Et pourtant, tout le monde les connaît, elles ont fait leur chemin...

Pauline Julien, qui a enregistré Une sorcière comme les autres, est venue un jour la chanter à la télévision. On lui a dit : « Ah ! quelles belles chansons écrivent les Québécois ! »

Il y a une chose importante que je voudrais dire. Qu'on ne pense pas que je prêche pour ma paroisse mais, maintenant, je suis sûre d'une chose : on sait écrire des chansons ou on ne sait pas. Et il y a des gens qui ne savent pas et qui chantent des choses qui seraient mieux écrites par d’autres. Dans notre société et dans notre métier, tout le monde a toujours très peur de chanter une chanson de quelqu’un d’autre, d’un auteur-compositeur, en prétextant qu’elle est « tellement marquée » par son auteur, etc. Au Québec, ils sont beaucoup plus libres vis-à-vis des chansons, ils chantent les chansons les uns les autres, et c’est beaucoup plus intéressant. Une chanson n’a pas besoin d’être chantée par une seule personne. Parmi les miennes, il y en a beaucoup que j’aimerais voir chantées par d’autres. Les interprètes, les bons interprètes, c’est rare, ils s’approprient les chansons, comme le faisait Pauline Julien. Francesca Solleville est une interprète et, bon sang, quelle belle interprète ! Vive les interprètes !

Écrire une chanson, est-ce que cela s’apprend ?

Peut-être, mais je ne suis pas sûre que cela suffit. Il y a un don, quand même, il me semble. Et on est beaucoup plus humble si on admet ça...

Propos recueillis par Raoul Bellaïche

Interview parue dans Notes, la revue de la SACEM (1999)

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