• Raoul Bellaïche

Philippe Clay : 50 ans de carrière


50 titres, clin d’œil aux 50 ans de carrière d’un grand – et pas seulement par la taille ! – interprète, cette compilation, la plus complète à ce jour, parcourt la longue discographie de Philippe Clay, de ses tout premiers enregistrement Philips (1954) à son dernier 30 cm Polydor de 1982 (Quand tu choisis le music-hall, Place Blanche, Vous et tu).

Il y a une quinzaine de titres Philips-Fontana, dont beaucoup réédités pour la première fois – Chanson pour Tézigue et Lily tâches de rousseur (Serge Gainsbourg), À perpète, La sentinelle, Je suis sous et Joseph (Claude Nougaro), Manger porteur (Jean-Claude Massoulier) – mais aussi les incontournables : Le danseur de charleston, L’illusionniste, Le noyé assassiné, Bleu, blanc, rouge, Les voyous, Festival d’Aubervilliers, La gambille, La gamberge...

En 1968, Clay signe chez RCA, le temps de trois 45 tours passés inaperçus (Les camions et Le funambule, de Caussimon, que Jean-Roger enregistrera un peu plus tard, Qui vous a dit, madame ?, de Botton).

En 1971, Philippe Clay participe à l’anthologie Boris Vian éditée par Jacques Canetti (La rue Watt, La valse jaune), mais, surtout, il fait un fracassant come-back, basé sur un malentendu : le titre Mes universités, qui cartonne sur les ondes, est perçu par beaucoup comme une chanson « revancharde », anti-Mai 68 ! De fait, beaucoup de chansons de ce fameux album Polydor produit par Pierre Ribert (où un Philippe Clay barbu – à la Castro ? – fume ostensiblement un énorme cigare !), écrites par Henri Djian, Sébastien Balasko et mises en musique par Daniel Faure, prennent le contre-pied de l’idéologie « contestataire » en vogue. La quarantaine fustige avec véhémence ce qu’on n’appelle pas encore le « jeunisme », Ta gueule, Paris ! s’en prend à l’urbanisation sauvage des années Pompidou (« Avec tes problèmes de croissance / Tu casses les pieds à toute la France »). Sous-titrée C’est pas qu’on n’les aime pas, Les Juifs, parue en 1975, qui met en scène une sorte de Dupont-Lajoie, est, malgré les apparences, tout sauf une chanson antisémite !

Pas du tout langue de bois et souvent provocateur (Au volant de ma valse, Soldat inconnu), Philippe Clay est aussi un homme tendre, ce qu’il manifeste avec des chansons comme Dis, ma femme, Nous avons toujours habité cette maison, Si vous m’aviez connu, C’est un 78 tours, Gégène... Il y aussi Qui c’est-y ?, une des rares chanson de Pierre Perret qu’il n’a pas chantée. Et Gladys, ce titre étonnant paru sur 45 tours en 1977. Arrangée disco, cette « chanson » consiste en... un seul mot, le prénom Gladys, répété sur tous les tons à la jeune femme dont on entend les rires et les gloussements... Une performance !

R. B.

• 2 CD Rym-Universal. Livret avec de nombreuses préfaces et témoignage d’Henri Djian.

• Voir aussi : Philippe Clay, le double « maître » de la chanson.

#ChroniqueCD #PhilippeClay

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