• Raoul Bellaïche

Heureux qui comme... Georges Brassens : l'album du 35ème anniversaire


Pas de suprise avec le premier CD, un « best of » avec 25 titres allant de 1952 (La mauvaise réputation) à 1972 (Fernande), autant de chansons incontournables et impeccablement écrites (... comme toujours chez Brassens).

Le second CD offre sa moisson de raretés, 28 titres exactement, dont de nombreuses versions alternatives, Brassens ayant parfois réenregistré quelques-unes de ses chansons comme Les Copains d'abord (très chouette deuxième guitare !) Les Funérailles d'antan, Embrasse-les tous, Le verger du roi Louis, Le Petit cheval). Ce sont également des « premières versions » (Bonhomme) ou des « premières prises de versions 78 tours » (Pauvre Martin).

On y trouve aussi les six enregistrements publiés en 1959 sur l'album Philips-Réalités « Georges Brassens, qui êtes-vous ? », trois titres en espagnol enregistrés en 1956 (La Mauvaise réputation, La Cane de Jeanne et Le Testament), la version chantée du 45 tours de la bande originale du film Porte des Lilas (1957). Plus rares encore, les versions avec des couplets supplémentaires – c'est le cas de Heureux qui comme Ulysse, La Prière, Les Passantes, Carcassonne –, la version solo du Bricoleur (connue jusque-là en duo avec Patachou), un essai enregistré en 1953 (Mon ami ou Le Soudard), un titre mythique (Jean rentre au village), sa propre version d'une chanson créée posthumément par Jean Bertola (La visite). Et enfin la fameuse Supplique, « rhabillée » (pour l'éternité) par Joël Favreau en 2011, qui y adjoint une deuxième guitare absente sur la v. o. de 1966...

Troisième rondelle de ce coffret, le DVD est la version augmentée (73' au lieu de 52') du documentaire diffusé par France Télévisions en 2011, Le Regard de Georges Brassens, écrit et réalisé par Sandrine Dumarais. « Au tout début de sa carrière, avec l'un de ses premiers salaires, Georges Brassens s'offre une caméra, explique la réalisatrice. Il filme ses parents, ses amis, ses amours, un univers et des êtres qui, bien que restés dans l'ombre de son succès, lui ont inspiré certaines de ses plus grandes chansons. On connaît tous Georges Brassens, le chanteur, l'homme à la pipe et à la guitare, ses refrains, ses mots, sa voix... mais qui connaît l'homme pudique qui se dissimule derrière ses chansons ?

Pendant près de dix ans, il tourne des films qu'il assemble, annote, archive. Un petit trésor, un concentré de vie qui nous rapproche un peu plus de cet homme mystérieux. Avec le temps, la caméra de Georges circule de mains en mains, il est de plus en plus souvent à l'image, sous un jour parfois tout à fait méconnu. Ces archives personnelles témoignent d'un "entre deux" dans la vie de Brassens : entre un début de reconnaissance et un succès qui va le dépasser... »

Ces petits films muets aux images parfois tremblantes s'étalent sur une dizaine d'années. On découvre les parents de Georges, ses amis de Sète – nombreuses scènes à la plage – et de Paris (René Fallet), les vacances avec Püppchen... On entre dans l'intimité de Jeanne et Marcel Planche dans leur maison de l'impasse Florimont : Brassens en « tricot de corps », Brassens jouant avec ses chats... Ce « regard » émouvant sur lui-même et les siens, conservé sur une pellicule parfois rayée et aux couleurs passées, est croisé avec des extraits d'actualités télévisées et de nombreux témoignages : Juliette Gréco, Victor Laville, Agathe Fallet, François Morel, Bernard Lonjon (biographe), Clémentine Déroudille (commissaire de l’exposition « Brassens ou la liberté » à la Cité de la Musique à Paris en 2011). Il y a aussi cette conversation entre Brassens et Jean-Pierre Chabrol lorsqu'ils visionnent ces films...

• Coffret 2 CD + DVD, Mercury/Universal.

#Chronique #GeorgesBrassens #Inédits

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