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  • Raoul Bellaïche

Francis Blanche mort à « l'âge de raison »


Mort à l'âge de 52 ans, le 6 juillet 1974 (quelques mois avant son vieux complice Pierre Dac, décédé le 9 février 1975), Francis Blanche n'a pas véritablement connu de purgatoire.

Célèbre pour ses rôles au cinéma (le gestapiste Papa Schultz dans Babette s'en va-t-en guerre, le notaire Maître Folace dans Les Tontons flingueurs...), ses facéties radiophoniques (les fameux canulars téléphoniques dont il est l'inventeur, le feuilleton Signé Furax), il demeure aussi connu pour les nombreuses – très nombreuses : plus de 600 ! – chansons qu'il a écrites dès le début des années 40, comme Sur un fil et Débit de l'eau, débit de lait, avec Charles Trenet. En 1944, il est l'auteur d'un succès « zazou », Ça s'fait pas, interprété par l'orchestre d'Alix Combelle. Avec Gérard Calvi, il écrit en 1948 une fausse chanson médiévale pour Piaf (Le prisonnier de la tour).

De l'après-guerre jusqu'au début des années 60, il se spécialise dans les versions françaises de succès américains (Rhum and Coca-Cola, Noël blanc, Vive le vent, La ballade de Davy Crockett) et de tubes typiques (Besame mucho, Frénésie, Histoire d'un amour), adaptations qui lui assureront de confortables droits d'auteur. Il met aussi des paroles françaises sur un thème de la comédie musicale Kismet, inspiré de Borodine (L'Étranger au paradis) et sur un chant soviétique écrit pendant la Révolution russe (Plaine, ma plaine). Parallèlement, il utilise sa veine humoristique pour détourner de nombreux thèmes de la musique classiques, de Schubert (Le complexe de la Truite) à Beethoven (La Pince à linge) en passant par Ravel (Le Parti d'en rire) et Rossini (Honneur aux barbus) qui feront le bonheur des groupes vocaux comme les Frères Jacques ou les Quatre Barbus.

Dans le même esprit, il met en musique quelques vers de Corneille (Le Cid) ou de La Fontaine. Il y a aussi chez Francis Blanche un fond d'anarchisme qui se manifeste dans le grinçant Général à vendre, de l'humour noir (Ça tourne pas rond, On les aura), de l'humour tout court...

En 1955, en plus de ses multiples activités, il décide de chanter ses textes (Idylle en forêt, Le mot de billet, La Fille du gangster, Sœur Marie-Louise...). En 1961, il se produit à la Galerie 55 (La Complainte des robinets qui fuient, Mais qu'est-ce que je vais faire du carton à chapeau ?, Loi sur la répression de l'ivresse publique, Le Savon des aveugles). En 1964, longtemps avant bien d'autres, il enregistre L'âge de raison, une magnifique chanson « sérieuse », véritable réquisitoire contre la pollution et les méfaits du monde « moderne », peut-être le premier texte écologique chanté.

Sur le premier CD, c'est Francis Blanche qui chante. Les trois autres sont consacrés à ses nombreux interprètes, des plus connus aux plus rares comme le Régisseur Albert, Zappy Max, Line Monty, Rita Cadillac, Les Pinsons ou encore Robert Ripa.

• Francis Blanche chante et fait chanter... (1942-1962), coffret Frémeaux 4 CD.

Francis Blanche chante L'âge de raison :

#Chronique #FrancisBlanche

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